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Je passais la plupart du temps dans les
rues parce que mes parent
ts recevaient leurs clients à la maison.
Ils venaient la nuit et le jour et alors, nous, les enfants, nous devions
tous sortir. Mes parents étaient des spirites. Ils mettaient des annonces
dans les journaux de langue espagnole en indiquant qu'ils parlaient avec
les morts, guérissaient les maladies et faisaient réussir dans le domaine
de la fortune et des problèmes de famille. Il n'y avait qu'une pièce à la
maison et c'est pourquoi nous étions obligés d'aller dans la rue. Au
début, les enfants du quartier me battaient et j'avais peur, tout le
temps. Puis j'appris à me battre et ensuite, ce sont eux qui avaient peur
de moi et me laissaient tranquille. Au bout d'un certain temps, je
préférais la rue à la maison. A la maison, j'étais le plus jeune et je
n'étais rien. Mais dans la rue on savait qui j'étais.
Une bande de Gangsters
Un
jour, je me joignis à une bande de gangsters, les " Maus-Maus ". Ils voulaient
faire de moi leur président, mais dans une bagarre, le président était celui qui
devait établir le plan d'action et donner les ordres, tandis que moi je voulais
me battre. Ils firent donc de moi leur vice-président J'étais aussi le sergent
chargé des armes. Cela signifiait que j'avais la responsabilité de l'arsenal.
Nous avions des ceintures de l'armée avec des baïonnettes, des armes blanches et
des revolvers. J'appris à manier le couteau de manière à blesser quelqu'un sans
le tuer. J'ai ainsi blessé seize personnes et je suis allé douze fois en prison.
Parfois, ma photo avait paru dans le journal. Dans la rue, tout le monde me
connaissait et les mères, en me voyant, s'empressaient de rappeler leurs enfants
auprès d'elles. Les gangs me connaissaient aussi.
Un
jour, quand j'attendais le métro, cinq types s'approchèrent de moi par derrière
et mirent une ceinture autour de mon cou en serrant. J'aurais dû y rester car,
après cela, je n'ai plus jamais pu parler correctement. Il y avait un drôle de
bruit dans ma gorge. A partir de ce jour, j'ai nourri de la haine envers tout le
monde. Notre gang contrôlait un quartier de New York. Nous avions des vestes
rouges sur lesquelles étaient marquées les lettres " MM ".
Un
jour, nous étions dans un grand magasin de l'avenue Flatsbush. Six d'entre nous
buvaient du soda quand sept membres du gang des " Bishops " entrèrent. Ce gang
était en guerre contre les Maus-Maus. Un des membres s'approcha du comptoir
comme s'il était chez lui. Mes gars m'observaient. Je m'avançai vers lui et le
poussai. Il me poussa à son tour, ce qui déclencha la bataille. La femme du
patron du magasin se mit à crier. Tous les clients sortirent en courant dans la
rue. Il y avait un couteau de boucher sur le comptoir Un de mes gars le prit et
frappa cinq fois à la tête un des jeunes du gang des " Bishops ". En voyant le
sang, je me mis à rire. Je savais qu'il était mort. J'étais effrayé et ne
cessais de rire. La femme du patron voulut téléphoner à la police, mais un autre
de mes gars ramassa le couteau de boucher et la frappa à l'estomac. Puis nous
prîmes la fuite.
Je n'avais pas touché le couteau et ne fus par conséquent pas mis en prison.
Mais mes parents furent convoqués au tribunal. J'avais l'impression que c'était
la première fois qu'ils faisaient réellement attention à moi. Ils décidèrent
alors de quitter New York et de retourner dans leurs pays, à Puerto Rico. Mon
frère et moi allâmes leur dire au revoir à l'aéroport. Sur le chemin du retour,
dans sa voiture, il me donna un pistolet et me dit: " Maintenant tu es ton
maître, Nick! ". Il me fallut dès lors chercher un endroit pour dormir. Avec mon
pistolet, je menaçai un type et je lui soutirai 10 dollars. Je louai une chambre
rue Myrtle. J'étais alors âgé de 16 ans. C'est ainsi que je vécus après cela,
volant de l'argent ou quelque chose pour manger. Durant le jour tout allait très
bien. J'étais avec le gang. Mais la nuit, c'était terrible. Quand je rentrais
dans ma chambre, je pensais aux deux personnes qui avaient été tuées dans le
magasin. J'aurais voulu cogner ma tête contre le plancher pour cesser d'y
penser. Je m'éveillais en sursaut au milieu de la nuit et j'appelais ma mère.
Un rencontre
inattendue
J'allais avoir 18 ans, en Juillet 1958. Ce mois- là, le gang des Dragons tua
l'un de nos gars. Nous nous rendions au métro pour nous venger et attraper l'un
d'eux. C'était la loi du gang: si un des Maus-Maus meurt, un Dragon doit mourir.
Nous descendions vers la station du métro, rue Edward, quand nous aperçûmes un
car de police arrêté et tout un groupe du gang des Chaplains à proximité. Nous
avions un pacte avec eux, à savoir que nous ne nous combattrions pas et qu'en
cas de conflit avec un autre groupe, nous nous unirions. Les Chaplains se
tenaient autour de deux types que je n'avais jamais vus. L'un deux avait un
clairon. Alors quelqu'un apporta le drapeau américain et le car de police
s'éloigna. Tout cela voulait dire que les deux types allaient tenir une réunion
de plein air. L'un d'eux monta sur une chaise, ouvrit un livre et lut:
"Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique afin que QUICONQUE
CROIT EN LUI ne périsse point mais qu'il ait la vie éternelle.
"Maintenant, dit le prédicateur, je vais vous parler du mot QUICONQUE.
QUICONQUE signifie les Noirs et les Porto-Ricains, et tout particulièrement les
membres du gang. Savez vous que lorsqu'ils ont crucifié Jésus, ils ont crucifié
avec Lui deux membres du gang de chaque côté?" J'en ai assez" dis-je. Venez les
gars, nous avons du travail. Aucun d'eux ne bougea.
C'était la première fois qu'ils ne me suivaient pas. Alors, je commençai à avoir
peur .J'injuriai le prédicateur des noms orduriers que je connaissais. Il ne fit
pas attention à moi et continua à parler un long moment.
Un
chef de gang tombe à genoux.
La seconde chose qui se produisit, c'est que le président du gang des Chaplains
tomba à genoux, là, dans la rue Edward, et se mit à pleurer. Le vice-président
et les deux chefs de bataille tombèrent à côté de lui et pleurèrent aussi. Une
chose que je ne pouvais supporter : voir pleurer. Alors le prédicateur vint vers
Israël, le président des Maus-Maus, et lui serra la main. Je me figurais qu'il
essayait de nous avoir et je le poussai. Israël me dévisagea comme s'il ne
m'avait jamais vu. A ce moment, le prédicateur me regarda en face et me dit :
" Nicky, je t'aime ".
Personne dans ma vie ne m'avait jamais dit cela. Je ne savais que faire.
Approche-toi de moi, prédicateur, lui dis-je, et je te tuerai ". Et j'en avais
l'intention. Malgré ces paroles de menace, Israël et le prédicateur continuèrent
à échanger quelques mots et enfin, il s'en alla. Je pensais que c'était fini.
Seulement, nous n'allâmes jamais combattre le gang des Dragons.
Un
réunion pour gangs
Plus tard, le prédicateur revint nous inviter à une grande réunion organisée
pour les gangs au centre de New York, à Manhattan. Je n'avais pas l'intention
d'y aller, mais le prédicateur envoya un bus pour nous prendre et, arrivés à la
salle, nous fûmes surpris d'y voir trois rangées de chaises qui nous étaient
réservées. Une dame jouait du piano. Une fillette se mit à chanter un solo. Je
la sifflai. C'était ma façon à moi de faire et je trouvais cela bien. Ensuite,
le prédicateur annonça la collecte et dit: " Nous allons demander à des membres
des gangs de la faire. Puis-je avoir six volontaires? ". En une seconde, j'étais
debout. Je désignai cinq de mes gars. je pensais ainsi pouvoir ridiculiser le
prédicateur. Il demanda d'abord la bénédiction. J'essayai de ne pas rire. Après
l'offrande, j'aurais pu, par une porte dérobée, m'enfuir avec l'argent, mais le
prédicateur me faisait confiance et cela ne m'était jamais arrivé. Alors mes
gars furent surpris de me voir monter sur l'estrade, lui remettre l'offrande.
Jamais on n'avait vu un auditoire faire silence aussi vite!.
Puis le
prédicateur se mit à parler du Saint- Esprit, disant qu'il pouvait entrer dans
les gens et les rendre purs. Il ajoutait que, quoi que nous ayons fait, le
Saint-Esprit pouvait nous faire naître de nouveau. Soudain je me pris à désirer
cela intensément. C'était comme si je me voyais pour la première fois. Toute la
noirceur de mon âme, la haine, la folie, passaient comme un film devant mes
yeux. " Vous pouvez devenir quelqu'un d'autre, dit-il. Votre vie peut être
changée " Je le désirais, j'en avais besoin, mais je ne croyais pas que cela
pouvait m'arriver. Le prédicateur nous invita à venir devant l'estrade si nous
voulions être changés, mais je croyais qu'il n'y avait rien à faire pour moi.
Alors Israël nous dit de nous lever tous. "Je suis le Président, dit-il, et tout
ce gang va se lever !". J'étais le premier de la rangée.
Je m'agenouillai et je prononçai la première prière de ma vie : "Cher Seigneur,
je suis le plus grand pécheur de New York. Je ne crois pas que tu me veuilles à
toi. Mais si tu me veux, je me donne à toi. Aussi mauvais que j'ai été dans le
passé aussi bon je veux devenir pour Jésus".
Je suis
transformé.
Puis le prédicateur me donna une Bible. Rentré chez moi, je me demandais si le
Saint-Esprit était réellement en moi, et comment je le saurais. Et ce qui se
passa en premier quand je fus dans ma chambre, c'est que je n'avais plus cette
peur. Je sentis comme une compagnie, comme si ma mère était revenue. J'avais
quatre paquets de cigarettes, je les déchirai et je les jetai par la fenêtre. Le
lendemain, tout le monde était étonné. Le bruit avait couru que Nicky était
converti. Une chose aussi se passa et qui me fit voir que c'était vrai. Les
petits enfants s'enfuyaient toujours quand ils me voyaient, mais ce jour-là,
deux d'entre eux me dévisagèrent et vinrent sans hésitation vers moi. Je les
entourai de mes bras parce que je savais que je n'étais plus le même. Quelques
semaines plus tard, un gars du gang des Dragons vint vers moi et dit: " C'est
vrai que tu ne portes plus d'armes? ". Je lui dis que c'était vrai. Alors il
tira un couteau de 25 centimètres et le pointa vers ma poitrine. Je levai la
main et le couteau s'y planta. Puis le gars s'enfuit. Je restai là, regardant le
sang couler de ma main. Je me rappelai comment le sang me rendait fou, mais ce
jour-là, il ne le fit pas. Des paroles que j'avais lues dans ma Bible se
présentèrent à mon esprit: " LE SANG DE JÉSUS-CHRIST NOUS PURIFIE DE TOUT PÉCHÉ
". Je déchirai ma chemise et entourai ma main de ce pansement. A partir de ce
jour-là le sang ne me tourmenta plus. Je commençai à témoigner à mes camarades
ma joie et d'annoncer l'Amour du Christ aux jeunes égarés dans leurs péchés.
J'étais devenu une nouvelle créature.
"Ne
baisse pas les bras"
Quand la
vie te paraît pesante...
Jette-toi
aux pieds de Jésus mais ne
baisse pas les bras...
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